jeudi, juillet 16, 2009

De l'espion dilettante du KGB

« Argo » était le nom de code d’un agent du KGB un peu spécial : Ernest Hemingway. C’est du moins ce qu’affirme l’ouvrage coécrit par Alexander Vassiliev, John Earl Haynes et Harvey Klehr, Spies : The Rise and Fall of the KGB in Amrica, qui revient sur cette part d’ombre du romancier. L’auteur aurait été recruté par les services secrets soviétiques en 1941 et serait resté plusieurs années en relation avec des agents russes, sans jamais toutefois transmettre d’informations significatives. Les milliers de notes sur lesquelles Vassiliev, ex-officier du KGB, se base, révèlent l’étendue du réseau d’espionnage soviétique. A partir de 1920, plus de 500 américains de tout milieu social furent recrutés. Parmi eux, Hemingway dont les notes précisent qu’il « manifesta à plusieurs reprises son désir et sa volonté de nous aider » et qu’il rencontra des espions soviétiques à La Havane et à Londres dans les années 1940. Pourtant, les notes le qualifient aussi « d’espion dilettante ». Les contacts entre Argo et le KGB cessent d’ailleurs à la fin de la décennie. Du coup, certains s’interrogent : le prix Nobel de littérature 1954 voyait-il cette activité comme une source d’inspiration littéraire, comme une source de revenues, ou était-il juste un espion désespérément nul ? J’ai moi aussi rencontré de très nombreux espions nuls dans mon humble métier… qui sont tous en activité en ce moment !