samedi, novembre 15, 2008

La reconnaissance vocale s'inspire des neurones

Le cerveau d'un individu reconnaît spontanément deux empreintes vocales. L'université de Maastricht souhaite reproduire ce fonctionnement pour rendre plus performants les systèmes de reconnaissance.

Le logiciel sur lequel travaille l'université de Maastricht pourrait bien affiner les solutions de reconnaissance vocale. L'outil est capable de repérer l'identité vocale d'un individu et de comprendre le sens des sons qu'elle produit. Classique. Mais dans ce dessein, elle se penche sur les réactions qui se produisent dans le cerveau quand une personne en écoute parler une autre. Selon les chercheurs, chaque individu et chaque son produisent une empreinte neuronale bien particulière dans le cortex. Le cortex étant la partie du cerveau responsable où se traitent - entre autres - la mémorisation et le langage. Le but est de copier ce fonctionnement et de mettre au point un modèle à même d'imiter la capacité qu'a l'homme de reconnaître et classer voix et sons, même au sein d'un environnement bruyant.

Une empreinte vocale unique

Pour parvenir à ces premières conclusions, les scientifiques ont réalisé un test auprès d'une dizaine de volontaires. Sept étaient chargés d'écouter les sons produits par trois autres, qui avaient pour tâche d'épeler des voyelles (/a/, /i/ et /u/). L'activité cérébrale des auditeurs a été surveillée par un système d'image à résonance magnétique. Quand une personne s'exprime, le cerveau est doublement activé. La première zone correspond à l'identité de celui qui parle, la seconde, à ce qu'il dit. Si deux personnes prononcent le même mot, une zone commune correspondant au mot sera activée dans le cerveau de celui qui écoute, ainsi que la zone correspondant au speaker.

Comprendre la voix et la vision

Une des premières taches des scientifiques est d'intégrer ce mécanisme dans un prototype. Afin que celui-ci sépare le traitement des mots de celui des caractéristiques propres à celui qui parle (accent, prononciation etc.). L'université de Maastricht n'est pas la seule à étudier les conséquences neuronales de stimuli externes. La Carnegie Mellon University et l'université de Pittsburgh travaillent sur un projet analogue : elles développent un programme de simulation capable de prédire quelles zones du cerveau vont être stimulées à la vision d'un objet, d'un lieu ou d'une personne.