vendredi, mai 20, 2005

Limogé de mon emploi d'organiste

Grand Paris
La messe sera dite aux prud’hommes


Jean-Bernard Condat, un organiste de 41 ans, attaque aujourd’hui aux prud’hommes la paroisse de Notre-Dame-du-Rosaire, à Saint-Ouen (93). Une première en France. Motif de son désaccord avec son ancien employeur : il aurait été licencié « sans raison réelle ni sérieuse », le 24 novembre dernier, après plus de dix ans de collaboration gratuite. Car, s’il devait toucher un cachet pour chaque messe animée, l’organiste affirme n’avoir jamais reçu d’argent. Mais il a continué de jouer, « car il faut absolument pratiquer l’orgue pour ne pas perdre ses acquis, et l’on ne peut pas avoir un tel instrument chez soi ». Il veut obtenir réparation pour ensuite « aller proposer [ses] services ailleurs ». « Je me loue à qui voudra bien de moi », ironise-t-il.

Car l’homme n’est pas un novice en la matière. Il a joué « à Longchamp pour les JMJ lors de la visite de Jean Paul II », « dans plusieurs basiliques, près de Lyon notamment » et « se produira fin août à la cathédrale de Cologne, pendant une visite de Benoît XVI ».

En 1992, il est muté à la paroisse de Saint-Ouen. Pour lui, l’orgue est une passion, qu’il « entretient tous les week-ends, lors des messes dominicales ». Car en semaine, il est expert européen en fraude informatique à Nantes. Un métier qui lui permet de voyager et de rencontrer ses homologues organistes à travers l’Europe. « Nous sommes tous dans une situation précaire, souligne ce laïc. Parce que l’Eglise catholique manque d’argent, nous sommes les premiers à en faire les frais. »

Sa collaboration avec les religieux s’était bien déroulée jusqu’en novembre, quand Jean-Bernard a appris de la bouche d’un prêtre récemment nommé qu’il se passerait de ses services. « J’ai senti que j’étais devenu une charge. Pourtant, je ne leur coûtais pas d’argent puisqu’ils ne me payaient pas. On m’a reproché de coûter l’électricité de l’orgue. Maintenant, ils mettent des cassettes à ma place. » Il a saisi le tribunal suprême apostolique, qui a donné raison au prêtre. Aujourd’hui, le conseil des prud’hommes de Bobigny est « son seul espoir d’être indemnisé, pour ensuite aller voir ailleurs ». « Il faut que je trouve vite une solution, parce que mes doigts s’engourdissent. » La paroisse de Saint-Ouen est restée injoignable. Magali Gruet

à savoir Un choc à 100 km/h équivaut pour un corps humain à une chute de 40 m,soit une chute de onze étages.Un pde 100 km ef 1arcours de 100 km

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