vendredi, février 25, 2005

Du colloque "Les femmes et l'intelligence économique"

Il y a quelques jours, Jean-Bernard Condat nous a fait l’annonce du colloque intitulé « Les femmes de l’Intelligence Economique », organisé par l’IFIE.

http://www.ifie.net/index.php?structure=43

Son commentaire laisse penser qu’il trouvait quelque chose d’incongru à ce thème. C’était signé « Jean-Bernard (un catholique en IE) ». Si cela explique quelque chose, c’est vraiment très elliptique, pour ne pas dire subliminal.

Norbert Lebrument lui a répondu :

« Si l'intitulé était précisément " les femmes et l'IE", le sujet aurait des intérêts certains; mais il est " les femmes de l'IE" : ce qui participe de cette tendance à communiquer sur le sujet de manière théâtrale, voire télévisuelle : vous n'avez toujours pas été contacté pour le colloque qui se tiendra à Kyoto sur "Les Jean-Bernard de l'IE"?»

Pas d’autres réactions.

Je crois pour ma part qu’il est impossible de comprendre ce qui se passe en France autour du concept et du label de l’intelligence économique si l’on persiste à ne pas voir que la situation « originale » de notre pays en cette matière dérive principalement du rapport entre les femmes et l’I.E. « Les femmes », autrement dit celles que cela concerne du fait de leur métier, bien entendu.

Il y a encore des gens qui prétendent que sous le nom d’intelligence économique, entre 1992 et 1994, on a inventé une pratique. Et d’autres, qui ne tombent pas dans ce piège idiot, partagent cependant avec eux l’idée qu’il y a en France des « freins culturels » à la pénétration de l’intelligence économique dans les entreprises.

Autant dire que les uns et les autres restent persuadés que le changement à accomplir, qu’il soit de l’ordre de la rupture ou de l’évolution, concerne les métiers eux-mêmes, dans leur conception, dans leur définition et dans leur construction. D’où l’une des plus lourdes originalités françaises, qui est de produire massivement, en parallèle des formations aux métiers de l’information et de la documentation, des bataillons de missionnaires de l’intelligence économique.

A ce propos, comparez la composition de la commission consultative sur la formation à l’intelligence économique à l’origine du référentiel I.E., soit une femme sur 14 membres …

http://www.veille.com/fr/annuaire.php3?id_rubrique=36

… et la composition de l’équipe française ayant contribué à Euroréférentiel I&D « Compétences et aptitudes des professionnels européens de l'information-documentation » : deux hommes sur 16 membres.

http://www.adbs.fr/site/carrieres/eurefca2004/eurefca2004.php

Au passage, on peut aussi comparer les deux documents sous d’autres aspects, et constater que du point de vue du lobbying, de la coordination internationale, des dispositifs de formation, des réseaux professionnels, du point de vue du travail théorique, de la structuration du savoir, du dynamisme de la recherche, de sa
coordination, et enfin du point de vue pratique, celui de l’utilité et des coûts, de la conscience des enjeux et des difficultés du progrès à accomplir, les professionnels de l’information et de la documentation jouissent d’une large avance et sont en position de force.

L’originalité française ne réside pas dans le déséquilibre entre le nombre des hommes et des femmes qui travaillent dans ces métiers. Il est certes plus marqué qu’en Suède, mais moins marqué qu’au Japon. Et partout, y compris en France, il tend à s’atténuer. L’originalité française est d’avoir identifié pratique et doctrine, d’avoir conçu une filière d’endoctrinement et une destination professionnelle neuve et d’un autre genre, presque entièrement en dehors des pratiques, du savoir
et de la culture existantes. D’avoir du même coup contribué à maintenir la disparité sexuelle des métiers existants. Et si ce dispositif de formation imaginaire n’a pas vraiment contribué à renforcer le blocage hiérarchique qui est ordinairement lié à cette disparité, c’est seulement dans la mesure où le projet a échoué, ce qui est désormais notoire.

Cela ne met pas en cause l’utilité de l’intelligence économique comme doctrine qui, dans l’entreprise, fourni un bon argumentaire de promotion interne des services d’information et d’incitation à leur usage stratégique, à condition d’être entre les mains des professionnels de l’information, veilleurs et analystes. Ni comme doctrine qui, sur le marché externe, joue là-aussi un rôle de stimulation et d’orientation
qui sert le marketing des services de renseignement concurrentiel, de communication de crise, etc. De même que cela ne met nullement en cause l’utilité doctrinale de l’intelligence économique dans la perspective de ceux qui conçoivent et conduisent la politique économique et l’action des services et organismes de l’état.

Le problème est le suivant : on attribue à la forte « distance hiérarchique » qui existe dans les entreprises françaises des effets qui nuisent au développement de l’intelligence économique. Soit. Mais en même temps, on incarne le concept dans un métier fictif, inférieur en capacités opérationnelles de base, et donc imaginairement destiné à remplir une position intermédiaire dans la hiérarchie. Si cette position lui avait été reconnue, elle aurait augmenté cette distance, et fait
régressé l’usage stratégique de l’information dans les entreprises française. Il faut dire que les concepteurs de ces filières avaient pris leurs précautions. La régression était garantie. Aucune de ces nouvelles filières ne formait à l’analyse du renseignement. La position médiate ne pouvait être que parasitaire.

Il résulte de cette situation spéciale qu’il est difficile de fonder l’analyse des « freins culturels » au développement de l’intelligence économique en France sur des critères de différenciation purement nationaux, du type de ceux de Geert Hofstede.

http://www.geert-hofstede.com

L’étude intitulée « Les freins à l'intelligence économique dans la culture française », de Karine Evrard Samuel (1998) manque cet aspect crucial de la question. Le rapport « masculinité-féminité », par exemple, 95 au Japon, 5 en Suède, 43 en France, n’a pas été jugé pertinent par l’auteur, qui ne fait pas le moindre commentaire à ce sujet.

http://www.afdie.org/doc_maj/text_reference_lien11.pdf

Est-ce qu’il y a deux métiers ? Pourquoi tente-t-on, en France, de diviser un métier en deux niveaux hiérarchiques, l’un, inférieur, où les femmes sont largement plus nombreuses, et l’autre, supérieur « par destination », artificiel, parasitaire, où la disparité des sexes est inversée ?

Si l’intelligence économique est maintenue en position périphérique, marginalisée, si elle reste figée dans une inauguration perpétuelle, ce n’est pas par hostilité corporative ou par antipathie culturelle envers le concept ou la doctrine. C’est parce qu’elle s’incarne dans un métier, inventé par des universitaires qui ont énormément sous-estimé les capacités déjà existantes dans les entreprises, à la base, et non moins largement surestimé l’aptitude moyenne à les mobiliser et à en faire un usage stratégique, au sommet.

Le fait est, par exemple, que l’intelligence économique, en tant que positionnement sur le marché du travail, arbitré par l’employeur, rencontre une solide barrière au nouvel entrant. On persiste à préférer ceux qui ont acquis une culture dans les sciences et les technologies de l’information. Il en va ainsi partout dans le monde, et cela ne manifeste nulle part un frein culturel.

L'état de la culture du métier peut s'évaluer par exemple ici :

http://www.cnam.fr/instituts/INTD/ressources/memoires/memoires.html

Pas un mémoire de la dernière promotion de l’INTD ne comporte l’I.E. dans son titre. Un seul dans la promotion précédente. Il est vrai que seuls ceux qui ont obtenu au moins 12 sur 20 sont mentionnés.

Toutes les considérations qui précèdent me paraissent nécessaires, si l’on veut comprendre où nous en sommes.

Sous le titre « Québec, Royaume-Uni, Suède, France ; Cultures et pratiques comparées », Philippe Clerc s’efforce, en quelques pages, de mettre en relief ce qui fait la différence, d’un pays à l’autre. L’exercice n’est pas facile. La France est engagée dans une voie originale, on l’a vu. Parfois même aberrante. En tout cas, inexportable et intraduisible, on le sait. Bref, incomparable.

http://www.infoguerre.com/fichiers/IE_analyse_comparee.pdf

« […] la France innove en proposant une conception originale de l’intelligence économique et en se dotant d’une culture renforcée en la matière. Nous proposons dans la présente analyse d’en évaluer les caractéristiques, les forces et les faiblesses, en examinant comment d’autres pratiques s’organisent et développent une autre culture de l’intelligence économique. Nous proposons de regarder l’intelligence économique à travers les yeux des Québécois, des Britanniques et des
Espagnols [en fait, il ne sera pas question des Espagnols, mais, à la place, des Suédois] pour mieux nous percevoir. »

Cette perception me paraît au contraire très confuse. Elle nous est livrée en des termes qui défient parfois toute compréhension :

« Il ressort de ces lectures monographiques une tendance très claire, parfois encore émergente, traversant la pratique de l’intelligence économique. Il s’agit de la distinction de la fonction d’intelligence économique dans l’organisation par rapport aux fonctions plus traditionnelles de la documentation, de l’analyse économique ou du marketing : les porteurs de cette démarche, pourtant établie dès les
années 80 aux Etats-Unis, se perçoivent comme des professionnels de « l’information d’affaire » et non spécifiquement comme des professionnels de l’intelligence économique. Le réseau des Chambres de commerce et d’industrie vit clairement cette transition actuellement. »

Je crois comprendre que ceux qui ont un métier bien défini ne manifestent pas d’enthousiasme à l’idée d’être désignés «spécifiquement» comme des professionnels de l’intelligence économique. C’est semble-t-il le seul trait synthétique qu’on puisse tirer de la comparaison. Ainsi donc, c’est bien vers des questions de rénovation terminologique que les enjeux de puissance nationale ont dérivé. Et c’est en d’infimes ajustements de la novlangue que l’ambition des pionniers s’est réfugiée.

Des bataillons de missionnaires, cela ne suffira jamais, vu les circonstances. Il nous faudrait plutôt des exorcistes. C’est ce que Jean-Bernard Condat, qui connaît la force de l’Inquisition, nous suggère, et il a raison. Toutes ces femmes sont des sorcières, possédées par le démon de la documentation.

Selon Philippe Clerc, l’originalité française est triple. Elle tient d’abord, si j’ai bien compris, à la coordination politique de l’ensemble des instances porteuses du label « intelligence économique ». C’est récent.

Deuxième originalité : « la territorialisation de la politique publique d’intelligence économique ». C’est encore plus récent. La France était jusque là dans une situation hétérogène, comparable à celle de l’Italie, ou de l’Espagne.

Troisième originalité : « le développement très important de cycles d’enseignements, notamment de troisième cycle ». Oui. D’ailleurs, Philippe Clerc écrit plus loin :

« Cela dit, notre dispositif national et territorial souffre toujours de mauvaise organisation et de cécité stratégique. Par ailleurs, il existe globalement un déficit de culture de l’information, du pilotage stratégique et de la veille concurrentielle dans les PME. Contraste étonnant si l’on considère que la culture de l’intelligence économique est diffusée par une offre d’enseignement parmi les plus denses au monde: mastères, DESS, DEA, … pour des débouchés qui laissent peu d’espoir véritables. »

Il serait grand temps de décrocher, de renoncer aux vertus hallucinatoires du concept, d’en finir avec les illusions spéculatives, et de cesser de croire que la puissance s’obtient à force de mégalomanie. Les professionnels de l’information-documentation, bien intégrés dans les entreprises, considèrent à juste titre que leur pratique, leur métier et leur culture sont infiniment mieux ancrés dans
la réalité et plus solidement fondés dans la théorie que tout ce qui se réclame de l’intelligence économique.

L’originalité de la France est percevoir sa pratique selon des catégories fictives et des normes idéalistes qui lui font ignorer ou méconnaître ses capacités réelles en matière de veille, de documentation et de renseignement concurrentiels. De rêver de remplacer ce qui marche de son propre mouvement par une dynamique calibrée par des charlatans et contrôlée par des imposteurs. De vouloir combler un retard qui en la matière n’existe pas. De vouloir lever des freins culturels qui n’en sont pas.

Et d’y employer des moyens absurdes et dérisoires, qui glissent sur le réel. Heureusement.


Frédéric Lepage

mercredi, février 23, 2005

100e anniversaire du ROTARY International aujourd'hui

in: Les Echos du 23 février 2005 - Page 9 - Enquête


Ils continuent de conjuguer élitisme et altruisme



Rotary, Lions Club : le cap des cent ans

Il y a tout juste un siècle, naissait le Rotary, suivi, douze ans plus tard, par le Lions Club. Au-delà des déjeuners entre notables, ces deux clubs service affichent avec fierté leur bilan : lutte contre la poliomyélite ou contre le handicap, solidarité au quotidien... Aujourd'hui, un nouveau défi se présente à eux : attirer et fidéliser les jeunes générations.



Toute jungle a ses tribus, et ces jungles de pierre que sont nos villes modernes n'échappent pas à la règle. Telle est grosso modo la lecture que fait le sociologue Michel Maffesoli de l'apparition, il y a tout juste cent ans, du Rotary International, bientôt suivie de celle du Lions Club International. Nées dans le même coin des Etats-Unis, ces deux « tribus post-modernes » aux cris de guerre étrangement ressemblants - « Servir d'abord », clament les premiers, « Nous servons », lancent les seconds en écho - ont essaimé sur (presque) toute la surface du globe, débarquant en France en 1921 pour le Rotary et en 1948 pour le Lions. Mais que sait-on au juste de l'une et de l'autre ? Comment fonctionnent-elles ? A quoi ou en quoi servent-elles ? Qui sont leurs membres ?



Deux philanthropes au pays d'Al Capone
Criminalité, corruption, insalubrité, anonymat... C'est une ville où il ne fait pas bon vivre que découvre en 1896 Paul Harris quand il arrive à Chicago pour y commencer sa carrière d'avocat. Rien à voir avec la paisible vie des habitants de Wallingford, Vermont, où il a été élevé par son grand-père. Pour atténuer ce choc, il a l'idée de réunir à intervalles réguliers quelques amis choisis en fonction de leurs compétences professionnelles. Ils sont trois à se retrouver autour de lui en cette froide soirée du 23 février 1905 : un ingénieur des mines, un négociant en charbon et un commerçant. Ainsi est né le « Rotary » - les réunions se tenaient au départ à tour de rôle (« in rotation ») chez chacun des membres -, dont le premier titre de gloire sera d'équiper la ville de toilettes publiques... Douze ans plus tard, un autre notable de Chicago, Melvin Jones, décide d'entraîner plusieurs membres de son cercle d'affaires dans une aventure similaire : c'est le début du « Lions », acronyme pour « Liberty, Intelligence, Our Nations'Safety » (« Liberté et compréhension sont la sauvegarde de nos nations »).



Club service, mode d'emploi
Rotary et Lions sont les deux principaux représentants d'un ensemble de réseaux aux noms exotiques (Kiwanis, Soroptimist, Zonta...), désigné sous le terme générique de « clubs service ». Appellation qui fait référence aux valeurs d'amitié et d'altruisme sur lesquelles ces mouvements apolitiques et areligieux ont été fondés. Se différenciant des sectes par l'absence de gourou - l'annualité des fonctions, principe clef, s'applique à tous les niveaux -, ils se distinguent de la franc-maçonnerie par l'absence de tout impératif de discrétion. Repérables à l'insigne qu'ils sont tenus de porter à la boutonnière, rotariens et lions revendiquent d'autant plus volontiers leur appartenance qu'elle est la marque d'un certain statut social. Indépendamment du fait que la cotisation annuelle n'est pas à la portée de toutes les bourses - très variable d'un club à l'autre, elle oscille en général entre 500 et 1.000 euros, mais peut dépasser allègrement ce seuil -, n'obtient pas cet insigne qui veut. Pour entrer dans « la grande famille », le prétendant doit être introduit par un ou plusieurs parrains et coopté par les membres du club. Si sa profession n'y est pas déjà représentée et si l'enquête effectuée avant tout recrutement n'a soulevé aucun lièvre, il se verra ouvrir les portes du club au cours d'une cérémonie solennelle. Symboles de cette « intronisation » : la remise de divers attributs - pin's, fanion, annuaire des membres... -, et le passage du « vous » au « tu », de rigueur entre gens du même monde appelés à déjeuner ou à dîner ensemble une fois par semaine...



Bonne chère et bonne cause
Ces rendez-vous hebdomadaires sont au coeur de l'image accolée au Rotary et au Lions, dans lesquels beaucoup ne consentent à voir qu'une tablée de notables discutant affaires en fumant de gros cigares. Une image bien réductrice. Cent ans après sa création, le Rotary, qui s'est doté d'une fondation internationale dès 1917, peut être fier de son bilan. Parmi les « 100 actions phares » mises en avant sur son site Internet, citons la création de l'Unesco, dont la paternité revient à un groupe de rotariens britanniques, ou encore les 34.000 bourses d'études octroyées dans le cadre du programme « Bourses du Rotary », mis en place en 1947. Sans oublier l'éradication de la poliomyélite, ce colossal chantier ouvert en 1985 à l'initiative d'un club philippin et auquel participent aujourd'hui les rotariens du monde entier : un demi-milliard de dollars de dons plus tard, le pari est en passe d'être gagné...


Le mouvement de Melvin Jones, qui possède lui aussi sa fondation internationale, n'est pas en reste. Exhortés en 1925 par la femme de lettres américaine Helen Keller à devenir « les chevaliers des aveugles dans [leur] croisade contre l'obscurité », les lions ont relevé le défi : on ne compte plus les bibliothèques sonores ou les écoles de chiens-guides d'aveugles qui leur doivent leur existence. Depuis, leur combat a été élargi à tous les handicaps, comme en témoigne le partenariat avec la Fédération française handisport.


Mais, qu'il s'agisse du Lions ou du Rotary, ces actions ne représentent que la partie émergée de l'iceberg. Moins spectaculaires, l'organisation d'un vin chaud ou d'un loto pour les personnes âgées, la distribution de repas aux Restos du coeur ou la mise en place de stages en entreprise destinés à aider les jeunes à démarrer dans la vie active constituent, aux côtés des déjeuners et des conférences, le quotidien de ces « hommes de bonne volonté » que sont la plupart des membres des clubs service. La substantifique moelle du rotarianisme et du lionisme...



Frères ennemis ou cousins germains ?
On le voit : Lions et Rotary se ressemblent comme deux frères. Il existe pourtant entre eux quelques différences. D'abord, ils ne sont pas tout à fait organisés de la même façon. Certes, l'un comme l'autre se subdivisent en plusieurs centaines de « districts » régionaux, dirigés par autant de « gouverneurs ». Mais, tandis qu'au Rotary ces districts sont directement rattachés au siège d'Evanston, le Lions dispose en plus d'une structure nationale, pilotée par un président du conseil des gouverneurs. Ensuite et surtout, ils n'ont pas tout à fait la même image, le Rotary apparaissant comme plus sélect que le Lions. Un décalage dû à l'antériorité du mouvement de Paul Harris, dont les clubs ont devancé ceux de Melvin Jones dans la plupart des villes, et ont de ce fait enregistré l'adhésion des « notables les plus notables ».


Pour sa thèse consacrée au Rotary, Sandrine Gousset a réalisé entre 2001 et 2003 une enquête sociologique auprès d'une vingtaine de clubs français. Ses résultats montrent bien que le rotarien de base n'est pas monsieur Tout-le-Monde : 72 % des personnes interrogées étaient titulaires d'un 3e cycle universitaire ou diplômées d'une grande école, 46 % assujetties à l'ISF, 78 % politiquement à droite... Des chiffres à considérer avec précaution - la plupart des 140 membres ayant répondu étaient parisiens - mais qui n'en demeurent pas moins éclairants. Par comparaison, le Lions compte dans ses troupes moins de chefs d'entreprise et davantage de commerçants. Plus sélect, le Rotary est mieux introduit auprès des décideurs, comme le confirme le « Palmarès 2005 des 40 réseaux les plus influents en France », établi par Alain Marty et Philippe Dunoyer de Segonzac, coauteurs de « Clubs et réseaux d'influence » (1) : le Rotary y figure en 13e position, loin devant le Lions, 25e.


L'écart de notoriété entre les deux clubs n'est pas sans conséquence sur leurs dynamismes respectifs. « Généralement moins élevés dans la hiérarchie professionnelle, les lions sont du même coup moins maîtres de leur temps et peut-être plus sensibles à la crise économique que les rotariens. Or, qu'on soit cadre moyen ou commerçant, on ne pense à s'occuper des affaires d'autrui qu'à partir du moment où les siennes vont bien... », analyse Philippe Dunoyer de Segonzac. Résultat : le Lions Club de France, qui perd chaque année depuis cinq ans entre 1 % et 1,5 % de ses adhérents, est tombé à 32.350 membres. Le Rotary, lui, résiste mieux : ses effectifs dans l'Hexagone sont passés de 34.400 en 2000 à 34.700 en 2004, soit un saut de puce de 0,8 %.


Cette concurrence réveille-t-elle les querelles de clocher qui ont émaillé l'histoire des deux clubs ? Absolument pas, répondent leurs représentants : à les entendre, les deux familles entretiennent aujourd'hui les meilleurs rapports du monde et collaborent régulièrement au sein des interclubs qui se sont créés dans de nombreuses villes de province. Mieux : « depuis deux ans, on peut théoriquement être à la fois membre du Rotary et du Lions », indique François Leduc, secrétaire général du Comité français des clubs service internationaux. « Mais, ajoute-t-il dans un sourire, cela suppose de renoncer à dormir... »



Générosité ou opportunisme ?
Si les « rotariens-lions » ne sont pas encore légion, beaucoup de membres des clubs service appartiennent aussi à une multitude d'autres organismes, qu'il s'agisse d'associations de quartier, de clubs d'affaires ou de loges maçonniques. 62 % des rotariens interrogés par Sandrine Gousset étaient membres de 2 à 5 associations et presque un quart de 5 à 10, quand seulement 15 % des Français s'investissent dans plus d'une. Cette tendance qu'ont la plupart des rotariens à cumuler les activités associatives - et l'on peut supposer qu'il en va de même pour les lions - fait de leurs clubs « des réseaux de réseaux », pour reprendre l'expression de Jean-Pierre Grivois, responsable des cérémonies du centenaire au Rotary. Rien d'étonnant, donc, à ce que le désir d'élargir le cercle de ses relations constitue pour beaucoup une motivation importante, complémentaire du souhait de se rendre utile. Il n'empêche : ceux qui n'entrent au Rotary ou au Lions qu'à des fins opportunistes sont en général déçus, les tables de la loi du rotarianisme et du lionisme interdisant aux membres de profiter indûment de leur appartenance au mouvement. « Rares sont les rotariens qui viennent aux réunions du club avec leurs cartes de visite et leur agenda », note d'ailleurs Sandrine Gousset.


Ce malentendu potentiel, ajouté au caractère chronophage des clubs service, est à l'origine d'un nombre important de défections parmi les nouvelles recrues : un quart des nouveaux lions partent dans les cinq années suivant leur adhésion, et 20 % des nouveaux rotariens dans les trois ans. Quant à ceux qui persistent, s'ils utilisent leur carnet d'adresses, c'est avant tout pour réaliser un projet. « Le Rotary, c'est la magie du réseau. Mais ce réseau n'est magique que s'il est mis au service des autres », résume le chef d'entreprise Philippe Tellini, quarante-quatre ans, membre du Rotary Club de Boulogne-Billancourt et cofondateur de Premier Regard, un festival de courts-métrages pour les jeunes en fin d'études audiovisuelles.



Des troupes vieillissantes
Ce problème des défections précoces n'est pas le seul que rencontrent aujourd'hui les clubs service. L'un des plus préoccupants, pour le Rotary comme pour le Lions, est le vieillissement de leurs troupes : la moyenne d'âge des rotariens interrogés par Sandrine Gousset s'élevait à près de 64 ans. Certes, les têtes chenues ont plus de temps à consacrer au club que leurs cadets. Ancien journaliste et membre actif du Lions Club de La Gaude, près de Nice, Jean Lefèvre, soixante-seize ans, a occupé l'an dernier la fonction de gouverneur du district Côte d'Azur-Corse : les 35.000 kilomètres parcourus en un an pour faire la tournée des quelque 110 clubs entrant dans sa juridiction lui font dire aujourd'hui qu'aucun « actif » n'aurait pu mener cette mission à bien ! Pour autant, le Rotary et le Lions savent que leur pérennité dépendra de leur capacité à attirer les nouvelles générations, raison pour laquelle ils ont créé les Rotaract et les Leo Clubs, tous deux destinés aux moins de 30 ans.



L'avenir s'accorde au féminin
Toutefois, plus que de ces ersatz spécial jeunes, c'est vraisemblablement des femmes que viendra le salut des clubs service, car leur présence est souvent synonyme de moyenne d'âge plus basse, voire de second souffle. S'ils ont longtemps été l'apanage des messieurs - les dames étant reléguées dans les clubs Inner Wheel, côté Rotary, et Lioness, côté Lions -, il n'en va plus ainsi depuis... 1989 ! Cette année-là, la Cour suprême des Etats-Unis a obligé les clubs service à mettre fin à une disposition jugée discriminatoire, en ouvrant leurs portes à la gent féminine. Mais les esprits n'ont pas évolué au même rythme que les textes. Seize ans plus tard, on ne dénombre encore que 5 % de rotariennes en France, 10 % dans le monde et bien peu de femmes aux plus hautes fonctions.


Dans ce domaine, le Lions, qui a fermé tous les clubs de Lioness alors que quelques clubs Inner Wheel végètent encore de-ci de-là, possède sans conteste une longueur d'avance : les femmes représentent 16 % des membres en France et 18 % dans le monde. « Ces chiffres progressent très vite ; depuis deux ou trois ans, la majorité des nouveaux lions sont des femmes », se réjouit Alain Armand, président du conseil des gouverneurs français... Et tant pis pour ceux qui estiment que mixité ne fait pas bon ménage avec amitié !


YANN VERDO

(1) 4e édition à paraître fin mars aux éditions Le Cherche-Midi. Pour établir ce palmarès, réalisé en partenariat avec Top Management, 4.900 dirigeants d'entreprise ont été interrogés du 4 au 16 février.
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jeudi, février 10, 2005

IBM rêve de manger mon ancienne start-up

TRIBUNAL DE COMMERCE DE PARIS
BG
M° HERNE



JUGEMENT PRONONCE LE JEUDI 9 DECEMBRE 2004

DIX NEUVIEME CHAMBRE
RG 2003063606
17.09.2003
ENTRE : Société COMPAGNIE IBM FRANCE dont le siège social est Tour Descartes, 2 avenue Gambetta La Défense 5 92400 COURBEVOIE – RCS NANTERRE B 552 118 465.
PARTIE DEMANDERESSE comparant par Maître Rémy BELLENGER Avocat (M010) (BG)

ET : SA POSTEASY, dont le siège social est 42 boulevard Sébastopol 75003 PARIS – RCS PARIS B 690 268 522 (96 B 495).
PARTIE DEFENDERESSE assistée de Maître FAUCHOUX Avocat (P221) et comparant par Maître Pierre HERNE, Avocat (B835)

APRES EN AVOIR DELIBERE
LES FAITS ET LA PROCEDURE
La Cie IBM FRANCE – ci-après IBM- a livré en juin 2000 à POSTEASY un matériel qui n’était pas payé en décembre 2001.
Par acte du 29 août 2003, IBM a assigné POSTEASY et demande au Tribunal de :
- condamner POSTEASY à lui payer les sommes de :
* 13.622,80 euros avec intérêts au taux contractuel à dater de l’exigibilité de chacune des factures émises ;
* 1.000 euros à titre de dommages et intérêts pour résistance abusive ;
* 2.500 euros au titre de l’article 700 du NCPC et aux dépens.
- ordonner l’exécution provisoire.

Par conclusions du 1er avril 2004 POSTEASY demande au Tribunal de :
- dire que la proposition commerciale d’IBM du 29 mai 2000 acceptée par POSTEASY est constitutive de publicité trompeuse.
Qu’elle a manqué à son devoir de conseil et d’information.
Qu’elle a méconnu ses obligations de fournir un équipement conforme et d’assurer sa prestation de maintenance.
En conséquence,
- prononcer la résiliation du contrat aux torts exclusifs d’IBM,
- condamner IBM au remboursement de la somme de 202.101,89 euros ttc payée par POSTEASY au titre de la vente de l’imprimante Infoprint 2000 et des prestations de maintenance.
- condamner IBM à payer la somme de 50.000 euros à titre de dommages et intérêts.
- ordonner l’exécution provisoire.
- condamner IBM à payer à POSTEASY la somme de 15.000 euros au titre de l’article 700 du NCPC et aux dépens.

Par conclusions du 10 juin 2004 IBM réitère ses précédentes écritures, portant à 4.000 euros sa demande au titre de l’article 700 du NCPC.

SUR CE LE TRIBUNAL,
Attendu qu’IBM produit :
- le contrat de maintenance approuvé et signé par POSTEASY,
- le listing des factures impayées certifié et les 11 factures,
- la lettre du 28 décembre 2001 de POSTEASY proposant de régler la somme de 88.004,65 euros en 6 mensualités de janvier à juin 2002,
- les lettres de mise en demeure des 28 mars et 11 avril 2003.
Attendu qu’IBM rapporte la preuve de sa créance que conteste POSTEASY.
Attendu que la société POSTEASY ne s’est pas présentée à l’audience du Juge Rapporteur, qu’elle n’a déposé ni dossier ni pièces, qu’elle ne s’est pas manifestée.
Attendu que POSTEASY ne rapporte pas la preuve de ses allégation.
Le Tribunal déboutera POSTEASY de toutes ses demandes et la condamnera à payer à IBM la somme de 13.622,80 euros avec intérêts au taux contractuel de 3 fois le taux légal à compter du 28 mars 2003, date de la mise en demeure ;
Attendu qu’IBM ne rapporte pas la preuve de dommages autres que ceux qui seront réparés par l’octroi d’intérêts, le Tribunal déboutera IBM de sa demande de dommages et intérêts ;
Attendu qu’IBM a dû engager des frais irrépétibles qu’il serait inéquitable de laisser à sa charge, le Tribunal condamnera POSTEASY à payer la somme de 1.500 euros, déboutant du surplus.
Attendu qu’elle apparaît nécessaire le Tribunal ordonnera l’exécution provisoire.

PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant par un jugement contradictoire en premier ressort,
Déboute la SA POSTEASY de toutes ses demandes ;
Condamne la SA POSTEASY à payer à la Société COMPAGNIE IBM FRANCE la somme de 13.622,80 euros avec intérêts au taux contractuel de 3 fois le taux légal à compter du 28 mars 2003.
Déboute la Société COMPAGNIE IBM FRANCE de sa demande de dommages et intérêts ;
Ordonne l’exécution provisoire du présent jugement sans constitution de garantie.
Condamne la SA POSTEASY à payer à la Société COMPAGNIE IBM FRANCE la somme de 1.500 euros au titre de l’article 700 du NCPC et aux dépens, dont ceux à recouvrer par le Greffe liquidés à la somme de 39,44 Euros ttc dont 6,15 euros de tva.
Confié lors de l’audience du 30 septembre 2004 à Monsieur PUECH en qualité de Juge Rapporteur.
Mis en délibéré le 21 octobre 2004.
Délibéré par Messieurs PUECH, HUBERT, SCLIA-BALACEANO et prononcé à l’audience publique où siégeaient :




Monsieur VENNIN, Président, Messieurs PUECH, GALLOIS, Madame LECLERC, Monsieur HUBERT, Juges, assistés de Madame LEVASSEUR, Greffier. Les parties en ayant été préalablement avisées.
La minute du jugement est signée par le Président du délibéré et le Greffier.

lundi, février 07, 2005

Numéros courts français: du cher au très cher

Un numéro court est un numéro à 4 chiffres, commençant par le chiffre 3

Ils donnent l'accès à différents services sans avoir à composer les 10 chiffres d'un numéro standard. C'est l'ART qui attribue ces numéros aux opérateurs de Télécommunication, après que ces derniers aient transmis un dossier complet indiquant à quelles fins sera utilisé le numéro court demandé. L'ART dispose alors d'un délai de trois semaines pour attribuer le numéro.

Tarif des numéros courts

Numéros Société + Service Tarif
3200 New Media 21 St - Service de renseignements 0,77 € / appel + 0,11 € / min
3201 Prosodie 0,34 € / min
3202 Atos Multimedia 1,35 € / appel + 0,34 € / min
3203 France Telecom 0,11 € / min
3204 T-Online France 0,15 € / min
3206 Afone 1,35 € / min + 0,34 € / min
3208 France Telecom - Messagerie Vocale 0,125 € / min
3210 Telecom Developpement 0,22 € / min
3211 Intracall Center - Service de renseignements 0,66 ou 0,34 € / min (jour/nuit)
3212 France Telecom - Service de renseignements 3 € pour 2 recherches
3213 Afone 0,15 € / min
3214 Bouygues Telecom 0,34 € / min
3215 K-Mobile 0,34 € / min
3216 K-Mobile 0,34 € / min
3217 Iliad Prix d'un appel local (depuis 1 fixe)
3218 K-Mobile 1,35 € / min + 0,34 € / min
3219 K-Mobile 1,35 € / min + 0,34 € / min
3220 France Telecom Gratuit
3221 Free Telecom Prix d'un appel local (depuis 1 fixe)
3222 Telecom Developpement Libre appel depuis F.T. 0,838 € / appel ou 0,107 € / min pour les abonnés au "7"
3223 France Telecom 0,34 € / min
3226 Antea Teleservices 1,35 € / min + 0,34 € / min
3228 Prosodie 0,15 € / min
3229 Louis Dreyfus Communication 0,34 € / min
3230 Société Nationale de radiodiffusion radio France 0,34 € / min
3232 Kosmos Tarif local
3233 9 Telecom Entreprise Gratuit
3234 Utel Reunion 0,34 € / min
3235 Prosodie 0,15 € / min
3236 123 Multimedia 0,34 € / min (depuis un poste fixe)
3237 Magic Lines Europe 0,34 € / min
3238 One Tel S.A.R.L. Prix d'un appel local (depuis 1 fixe)
3239 Afone 0,34 € / min
3240 France Telecom Prix d'un appel local (depuis 1 fixe)
3242 Even Media 0,34 € / min
3243 9 Telecom 0,56 € / appel
3244 Free Telecom 0,34 € / min
3245 Louis Dreyfus Communication 0,34 € / min
3250 Meteo France 0,34 € / min
3251 One Tel S.A.R.L. 0,15 € / min
3252 AOL France SNC Prix d'un appel local (depuis 1 fixe)
3253 France Telecom - Allo Fact Gratuit sauf depuis les factures
3255 123 Multimedia 1,35 € / min + 0,34 € / min
3260 France Telecom 0,15 € / min
3264 Prosodie 1,35 € / min + 0,34 € / min
3265 Prosodie 0,34 € / min
3266 Iliad 1,35 € / min + 0,34 € / min
3268 Afone 0,56 € / appel
3269 Audiomedia 0,34 € / min
3277 123 Multimedia 1,35 € / min + 0,34 € / min
3280 Bouygues Telecom 0,34 € / min
3281 Television Française 1 SA 0,56 € / appel
3282 Orange France 0,34 € / min
3288 Pages Jaunes 0,34 € / min
3290 Magic Lines Europe 0,34 € / min
3295 Tiscali Telecom 0,15 € / min
3299 9 Telecom Réseau 0,15 € / min
3601 Prosodie 0,11 € / min
3602 France Telecom 0,11 € / min
3603 France Telecom 0,11 € / min
3604 Tele 2 Gratuit pour l'appelant
3606 Atos Multimedia 0,34 € / min
3608 Wanadoo 0,15 € / min
3611 France Telecom 3 premières minutes gratuites puis 0,99 € / min
3612 France Telecom Minitel prix variables
3613 France Telecom Minitel prix variables
3614 France Telecom Minitel prix variables
3615 France Telecom Minitel prix variables
3616 France Telecom Minitel prix variables
3617 France Telecom Minitel prix variables
3618 France Telecom Minitel prix variables
3620 Rosa 0,15 € / min
3621 France Telecom 0,15 € / appel + 0,12 € / min
3622 France Telecom - Minitel à partir d'un micro-ordinateur 0,37 € à la connexion, puis prix variable
3623 France Telecom Minitel prix variables
3624 Atos Origin Multimedia 0,34 € / min
3630 Prodiges 0,34 € / min
3633 Atos Multimedia 0,34 € / min
3635 France Telecom - Services SNCF 0,34 € / min
3636 XTS Telecom Gratuit
3644 Tele 2 France Gratuit
3651 France Telecom - occultation du numéro de l'appelant Gratuit
3655 France Telecom - Télégrammes Téléphonés Gratuit
3656 France Telecom - Télégrammes payants en différé sur facture France Telecom. Gratuit
3665 Neocom Multimedia 1,35 € / appel + 0,34 € / min
3666 Neocom Multimedia 0,34 € / min
3669 Pictures On Line 1,35 € / appel + 0,34 € / min
3670 Neocom Multimedia 0,15 € / min
3672 France Telecom - Mémophone 0,11 € / appel + 0,11 € / 20 secondes
3675 Atos Multimedia 0,34 € / min
3677 Outremer Telecom Gratuit
3680 TF1 0,56 € / appel
3692 France Telecom - Renseignements en nombre 0,34 € / appel + 0,15 € / 20 sec
3696 Intercall France Vocal Gratuit
3699 France Telecom - Horloge parlante >0,11 € / appel
3911 Assistance Génie Logocoel 0,34 € / min
3939 Prosodie - Service Public 0,12 € / min
3975 Cegetel 0,13 € / min

Source ART