mercredi, septembre 15, 2004

Pavillon Dauphine, 12h30: conférence rotarienne du grouverneur militaire de Paris

Invité par M. Brice de GLIANE, je me suis rendu pour la 1e fois à la réunion statutaire du ROTARY Club de Paris (1er club français fondé en 1921 avec aujourd’hui 253 membres). Cette 9e réunion statutaire était suivie d’une conférence du Général Marcel VALENTIN, gouverneur militaire de Paris, sur le thème Etre militaire au XXIe siècle.

Arrivé à 12h précises au Pavillon Dauphine, je suis tout de suite approché par le Prof. Claude NICOLETIS (nicoletis.claude@wanadoo.fr) dans le cadre de son association rotarienne Eau sans frontières. Il me proposa d’adhérer pour €30 à son association dont le siège est au 40 bd Emile-Augier, Paris 16e. Et surtout de faire savoir que lundi prochain 20 septembre à 18h30, une soirée aquatique au Racing Club de France (Croix Catelan, Bois de Boulogne) permettrait d’élire le/la meilleure nageur/se. Arrivée au RCF à 18h30 (mot de passe chuchoté : ROTARY), puis dîner à 20h. Fin de soirée : 22h. Prix : €45 dont €15 au profit de l’association. Je me suis inscrit sachant qu’une compétition de 33 m ne pourra pas me faire de mal…

Nous étions 105 à déjeuner devant la table d’honneur dont 7 visiteurs (Allemagne, USA, Ouganda, UK, Paris-Académies et votre humble serviteur), et 5 invités (dont en tenue 22, le Général Emmanuel de RICHOUFFTZ, le Colonel BOITARD et le Lt-Colonel Patrick BAZAILLE). Mon voisin de table était le Président du Rotaract de Paris, Arnaud CHARPENTIER (seul sans cravate, sans costume et non rasé de 15 jours de l’assistance). Notons l’exceptionnelle présence de 3 femmes (dont Catherine, PPPgouverneur) et d’un prêtre en soutane et col romain.

Après le plat principal qui n’opposa aucune résistance, le Président sonna la cloche (noire de crasse et d’un son dont la fréquence était très éloignée du classique 440 Hz). Le Gouverneur militaire se leva pour saluer les deux gouverneurs assis à la gauche du Président, Pierre-Louis DOUCET (rot_1660@club-internet.fr) et Gérard MOREL. Puis se rassit avant d’enfiler ses lunettes.

« L’armée est le 2e plus vieux métier du monde. Désormais, une armée professionnelle. Entre 1945 et 1990, nous avons eu moins de 60 crises dans le monde. Des crises continuelles et non pas bipolaires comme avant 1944. Il n’y a donc plus de cadre juridique à la crise. Si avant l’ennemi était identifié, désormais nous actons entre des adversaires. Les enjeux sont souvent religieux, et la population est au cœur de la crise. Les acteurs sont nombreux et difficiles à maîtriser pour les militaires : les diplomates, les ONG, etc. De l’ancienne technique du tout ou rien, il nous faut désormais agir avec doigté, savoir maîtriser la violence. L’approche est devenue vectorielle. Nous parlons tels les mathématiciens de produits scalaires associant le vecteur militaire au vecteur économique.

Le cadre juridique en métropole est celui de la légitime défense. Nous travaillons en multinational. Une excellente connaissance de l’anglais est indispensable. L’irruption du juridisme nous a étonné : la CPI, le Tribunal Pénal International où je suis allé témoigné. Le chef militaire est totalement responsable de ce qu’il fait. Il faut s’adapter au contexte. Un militaire est un civil en uniforme. Le jeune recru pense individualisme, loisirs, besoins de son conjoint. Le turnover des militaire du rang est élevé (8 ans max.). Nous favorisons le goût de l’aventure, de l’opérationnel. La maîtrise de la force apprise en formation initiale permet de faire face à l’agression désormais sous le signe de la réversibilité (i.e. le Kosovo où lors d’une 2e opération nous sommes revenus avec 16 touchés par balles). Rien n’est jamais gagné au cœur de la crise. La formation au combat est toujours à haute intensité : qui peut le plus peut le moins. Les américains sont heureux d’avoir des chars en Irak en ce moment.

Le chef militaire doit être diplomate, communicateur, gestionnaire d’interlocuteurs multiples, homme de média. Il doit connaître les procédures de travail. La France s’est d’ailleurs aligner sur les procédures de l’OTAN. Au principe de précaution cher aux chefs d’entreprises, le militaire doit prendre des risques. Tous les 4 mois, 13K engagés sont envoyés dans le monde. Toute crise démarre au sol et se termine au sol. Des 80% des effectifs des militaires sont de l’Armée de Terre, 14% sont partis hors métropole. C’est énorme. En 6 ans, l’Armée s’est restructurée en silence ? De 245K personnels, l’Armée de Terre est passée à 135K avec la dissolution d’environ 100 régiments.

Aujourd’hui, il y a des hommes de l’Armée de Terre autour de Roissy, sous la Tour Eiffel. 6 patrouilles sont opérationnelles, soit 12 avions prêts à décoller en 2 minutes 24h/24. Aussi, le budget de la Défense n’est pas une variable d’ajustement. Parlez de VOTRE armée.

Questions/réponses : La féminisation militaire est de 12% et n’augmentera pas. La réserve citoyenne est utilisée dans les médias, l’évènementiel et l’aide à la reconversion des militaires. Le syndicalisme civil est remplacé par des présidents de catégorie élus rencontrés 2 fois par an afin de dégonfler les baudruches. »

Le Général VALENTIN passe se soir à la TV dans l’émission « Des racines et des ailes » sur France3 à 20h55 sans un spécial ‘A l’hôtel national des Invalides’ avec Patrick de Carolis.

Menu : tomates-mozarela à la grecque (avec anchois élastiques), agneau aux petits légumes, bavarois, café. Pas d’apéritif. Eau Vittel chaude (pas d’eau gazeuse !). Vin : un Cabernet 2001 non identifiable acheté au Ed L’épicier du coin. €53. Service déficient : brigade sale, pas de chef de rang. 3/20.